«Briser l’isolation des patients est la plus grande préoccupation de mon équipe durant la pandémie», affirme le Dr. Howard Steiger, chef du continuum des troubles en alimentation à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas. Le spécialiste explique qu’il a rapidement fallu mettre en place des mesures spéciales pour assurer un contact régulier avec les patients atteints de troubles alimentaires durant cette crise. La mise en place de ce nouveau plan d’action assure un suivi clinique rigoureux à travers une formule virtuelle de thérapie à distance qui évite l’isolement des patients. Le Dr. Steiger assure qu’il faut éviter que les patients retombent dans des restrictions alimentaires malsaines seuls à la maison.

La crise de la COVID-19 cause plusieurs problèmes pour les personnes atteintes d’un trouble alimentaire: accès difficile à la nourriture, manque de ressources cliniques et absence de support thérapeutique en personne. L’isolement pourrait potentiellement pousser ces personnes à reprendre de mauvaises habitudes par inadvertance. «Imaginez une personne atteinte de boulimie qui se trouve soudainement enfermée chez elle avec une grande quantité de nourriture. C’est un peu comme laisser une personne alcoolique avec un bar rempli chez soi», illustre le Dr. Steiger.

Heureusement, grâce à la création de groupe de supervision à distance, le Programme des troubles en alimentation peut assurer le meilleur rétablissement possible à ses patients. Maintenir un contact avec ces ressources thérapeutiques est essentiel pour certaines personnes très soucieuses de ce qu’elles mangent. Elles pourraient être en danger et se détériorer rapidement sans aide clinique afin de réévaluer leur condition. Ce support virtuel, dans la mesure du possible, est la façon la plus sécuritaire de traiter les patients isolés durant la crise de santé publique.

Selon le Dr. Steiger, il est essentiel d’organiser ce type de communautés en ligne car les patients comptent sur l’entraide de gens qui traversent les mêmes difficultés pour surmonter leur propre défi. «Il est archi-important de maintenir cette structure pour leur permettre de lutter contre leur trouble alimentaire», soutient-il. D’ailleurs, ce conseil s’applique à tous les problèmes de santé mentale ou physique: il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de la communication et garder contact avec nos ressources et nos proches que ce soit par téléphone, applications mobiles ou réseaux sociaux. L’isolement résultant de la distanciation sociale préventive est difficile pour beaucoup de gens vulnérables nous rappelle le spécialiste.

L’accès au Programme des troubles en alimentation du Dr. Howard Steiger se veut le plus facile possible: il élimine les étapes administratives pour ne pas décourager les personnes atteintes de troubles alimentaires. Le processus d’insertion peut paraître long et ardu, surtout pour des personnes qui souffrent depuis longtemps en silence. Tout commence par la transmission d’une demande directe de la part de la personne malade et la référence d’une clinicienne peu importe son domaine. Suite au premier contact, la personne devra assister à une évaluation téléphonique pour juger de son état actuel.

Grâce à une gamme de traitements d’intensité variable (incluant les traitements individuels, familiaux et de groupe, offerts en externe à hôpital de jour avec des unités d’hospitalisation), le continuum des troubles de l’alimentation (CTA) du CIUSSS-ODIM est le seul établissement au Québec à offrir des services spécialisés pour les personnes de tous âges atteintes d’un trouble alimentaire. Il propose des soins spécialisés, de la recherche clinique pour développer des traitements ainsi que les efforts de prévention futurs en plus d’organiser des formations pour les professionnels de la santé, les cliniciens, les chercheurs et les étudiants.

Le Douglas est fier de pouvoir compter sur le Dr. Steiger et son équipe afin de fournir des traitements à la fine pointe aux personnes atteintes par des troubles alimentaires. Ensemble, nous bâtissons l’espoir en santé mentale pour les personnes atteintes et leurs familles.

Pour en apprendre davantage ou contacter le Continuum des troubles de l’alimentation, cliquez ici.

Ensemble, bâtissons l’espoir !

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