L’histoire de Joannie

« Lorsque j’ai eu 14 ans, des changements étranges ont commencé à se produire. J’ai perdu mon gras de bébé et les gens m’ont remarquée pour la première fois. On m’a dit que j’étais la plus jolie fille de l’école et que j’avais l’air d’un mannequin. Je n’avais jamais été populaire et je voulais vraiment continuer de l’être. J’ai commencé à suivre un régime pour rester mince. »

« À mon plus mince, je pesais 53 livres, malgré mes 5 pi. 5 po. À 18 ans, j’avais déjà été hospitalisée 5 fois, mais chaque fois, je rechutais et je tombais encore plus bas. Je ne mangeais que des légumes crus, et seulement après avoir fait beaucoup d’exercice. De plus, je buvais de l’eau de façon compulsive pour combattre la faim en remplissant mon estomac vide. J’étais suivie de près car cette pratique peut avoir des conséquences comme des convulsions. Mais j’avais trouvé un moyen de boire, en cachette, en prenant ma douche. »

« À 18 ans, j’ai été admise au Programme des troubles de l’alimentation du Douglas. La première chose que j’ai remarquée au Douglas, c’est que les soins étaient moins agressifs. Au lieu d’une police du poids, Dr Steiger et son équipe m’ont permis de comprendre que de manger le moins possible n’est pas justifié. Au fur et à mesure que ma confiance en moi et mon estime de moi augmentait, j’ai lentement entamé ma guérison. »

« Aujourd’hui, je pèse un poids normal. J’ai terminé mes études et j’entretiens des relations saines. Je me sens chanceuse, et c’est pourquoi je veux parler publiquement et aider ceux et celles qui sont emprisonnés dans le monde artificiel de l’anorexie nerveuse. Au Douglas, j’ai découvert l’espoir et je veux le partager. »

Les troubles de l’alimentation

Répandus à travers l’histoire et dans tous les pays, les troubles de l’alimentation ont le taux de mortalité le plus élevé de toutes les maladies mentales. Ils sont de plus aggravés par l’anxiété, la dépression et les troubles de l’humeur. Nous savons actuellement qu’il existe un facteur génétique associé à ces maladies, et qu’elles sont souvent déclenchées par un traumatisme physique, sexuel ou émotionnel, ou par des pressions sociales.

Comme l’explique Howard Steiger : « Les pressions sociales et environnementales peuvent exacerber des vulnérabilités préexistantes et activer certains gènes. Le culte de la minceur, que notre société impose aux femmes, aggrave encore plus la situation. »

Un modèle pour la recherche et les soins

Le groupe de recherche sur les troubles de l’alimentation dirigé par le Dr Steiger est reconnu nationalement comme un leader et un modèle en intégration de la recherche et des soins. Le groupe collabore étroitement avec l’Hôpital Ste-Justine et l’Hôpital de Montréal pour enfants afin de leur transmettre ses meilleures pratiques. Ces pratiques ont été développées à partir des résultats des recherches menées au Douglas. De plus, le groupe dirige des formations et des programmes de prévention destinés aux CLSCs, aux hôpitaux et aux groupes communautaires à travers la province.

L’Institut Douglas préconise une approche axée sur la persuasion et le soutien dans une attitude de compassion. Il souligne l’importance de soutenir et de conseiller les patients à chaque étape, afin de les amener à réévaluer leurs croyances et à changer leurs comportements.

À l’avant-garde d’une nouvelle attitude

Le groupe des troubles de l’alimentation de l’institut Douglas est à l’avant-garde de la recherche et des traitements depuis plus 25 ans. Il a sauvé d’innombrables patients au bord du désespoir. Ses travaux ont aidé à dissiper les mythes pernicieux entourant l’anorexie tel qu’elle est causé par de mauvais rapports parents-enfants ou que les troubles de l’alimentation sont des problèmes insignifiants — rien de plus que des régimes à la mode hors contrôle. Grâce à ce groupe de chercheurs, nous avons appris que :

• L’anorexie peut survenir à tout âge. Elle se manifeste le plus fréquemment vers l’âge de 28 ans, mais peut apparaître à 50 ou 60 ans. La moitié des gens souffrant d’anorexie se rétablissent bien, les deux-tiers conservent des préoccupations quant à leur image corporelle, et un patient sur cinq doit être hospitalisé.

• La boulimie est plus fréquente que l’on ne croyait auparavant et augmente chez les hommes. Bien que les résultats des traitements soient encourageants, un patient sur cinq ne se rétablira pas.

• L’hyperphagie boulimique (sans gestes compensatoires), le trouble de l’alimentation le plus fréquent, affecte jusqu’à 5 % de la population adulte, tant les hommes que les femmes.

• Le taux de rétablissement de tous les troubles de l’alimentation s’améliore grâce aux nouvelles connaissances…mais il pourrait être meilleur encore.
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