10 septembre

2026

Let’s Bond crée une bourse pour faire avancer la recherche sur le trouble bipolaire

La Fondation Let’s Bond s’unit à nouveau à la Fondation Douglas pour créer une bourse de recherche en l’honneur d’une personne bien spéciale : Jonathan Laurin. 

La famille de Jonathan a choisi de créer cette bourse afin de faire progresser la recherche sur le trouble bipolaire. Nous tenons à remercier sincèrement sa famille pour leur confiance.  

Ainsi, nous souhaitons rendre hommage à Jonathan et raconter qui il était, mais aussi mettre en lumière la façon dont son histoire continue aujourd’hui d’avoir un impact bien réel.

Nous avons rencontré Anna-Isabelle, amie de longue date de Jonathan et bénévole impliquée auprès de Let’s Bond depuis les tout débuts de la fondation.

De cette rencontre est né un échange profondément humain, rempli de souvenirs, d’émotion et, surtout, d’une immense affection pour Jonathan. Aujourd’hui, nous vous invitons à découvrir à votre tour une partie de cette rencontre.

 

Il y a des personnes qui laissent une empreinte impossible à effacer. Des personnes qui occupent l’espace avec douceur, lumière et générosité, sans même essayer. Jonathan Laurin était de celles-là. « Il rentrait dans une pièce et il brillait. C’était vraiment comme un soleil. » 

Let’s Bond est née d’une rencontre naturelle entre deux mondes. Depuis longtemps, Anna-Isabelle connaissait de près la réalité de la maladie mentale : un membre de sa famille vivait avec la bipolarité. Les diagnostics, les ajustements de médication, les périodes plus sombres : elle avait tout vu. Avocate de formation, elle s’implique auprès de la Fondation Douglas, où elle siégera pendant sept ans au conseil d’administration — convaincue de l’importance de la recherche et de la nécessité de développer des traitements plus adaptés, plus humains. Au même moment, son conjoint, Louis-Philippe, cofonde Let’s Bond. Anna-Isabelle contribue à faire grandir l’organisation dès le départ — « leur bébé », comme elle le dit encore aujourd’hui. Les chemins de Let’s Bond et de la Fondation Douglas finissent naturellement par se croiser.  

Parmi les gens qui gravitent autour de Let’s Bond dès ses débuts, il y a Jonathan Laurin. Un ami cher d’Anna-Isabelle et de Louis-Philippe, et une présence impossible à oublier. 

Il vendait des billets pour le Bal Urbain, participait aux événements, rassemblait les gens autour de lui. « Tout le monde voulait l’avoir dans sa fête », raconte Anna-Isabelle avec un sourire rempli de nostalgie. « Il était positif, toujours là pour les autres. »  

S’impliquer comme ambassadeur de Let’s Bond, c’était pour lui une façon de donner un sens à ce qu’il traversait. Derrière la lumière qu’il apportait autour de lui se cachait aussi une grande souffrance.  

Au fil des années, Jonathan compose avec la bipolarité et avec une réalité que plusieurs proches de personnes vivant avec un trouble de santé mentale connaissent trop bien : trouver le bon traitement peut devenir un parcours extrêmement difficile.  

« Dans la tête, c’est tellement complexe », explique Anna-Isabelle. « Tu essaies des médicaments, il y a des effets secondaires, parfois tu ne te reconnais plus toi-même… »  

Mais pour Jonathan, la souffrance ne se limitait pas seulement à ce qu’il vivait mentalement. Elle était aussi profondément physique. Il parlait souvent de douleurs dans son corps, d’un mal constant, lourd, difficile à expliquer. Malgré les traitements, malgré les tentatives pour l’aider, il ne sentait pas qu’il allait mieux. Il avait l’impression d’être déconnecté de lui-même, comme s’il perdait peu à peu une partie de ce qu’il était.  

Puis la pandémie arrive. L’isolement s’installe. Jonathan se retire progressivement, coupe les ponts, retourne vivre chez sa mère dans les Laurentides. Malgré les efforts de ses proches, la souffrance devient de plus en plus lourde.  

Un soir de juin, la nouvelle tombe : Jonathan est mort par suicide. Le choc est immense. Incompréhensible. Anna-Isabelle se souvient avoir pris sa voiture pour aller rejoindre la mère de Jonathan, qu’elle n’avait pourtant jamais rencontrée auparavant. « Je savais juste que je devais être là. » Elle arrive avec une plante dans les mains, sans savoir quoi dire, sans savoir quoi faire, sinon partager un peu du poids de cette douleur.  

Et puis, il y a ce détail que personne n’oubliera. Avant de partir, Jonathan avait caché un peu partout dans la maison de petits mots d’amour destinés à sa mère. Des messages qu’elle continue encore aujourd’hui de découvrir, au fil du temps. Comme une dernière façon de prendre soin d’elle. Comme une preuve, même dans la souffrance, de l’amour immense qu’il portait aux autres. « Il ne voulait pas faire souffrir les gens », dit Anna-Isabelle, la voix encore fragile.  

Dans toute la tragédie de cette histoire, ces petits papiers racontent profondément qui était Jonathan : quelqu’un d’attentionné et sensible. Quelques jours après les funérailles, alors que le deuil est encore insoutenable, Anna-Isabelle ressent un besoin urgent de transformer cette douleur en quelque chose de plus grand. « Je me suis dit : il faut faire quelque chose. Il faut qu’on crée une bourse à son nom. »  

C’est ainsi qu’est née la bourse Espoir Jonathan Laurin.  

Ce geste est porteur d’un message profondément humain : même dans la douleur, il faut continuer d’investir dans la recherche, de soutenir les chercheurs et chercheuses qui travaillent à mieux comprendre le cerveau et de croire qu’il est possible de faire évoluer les soins. Parce que c’est par la recherche qu’on développera des traitements adaptés à chaque réalité, des médicaments avec moins d’effets secondaires. C’est par la recherche qu’on arrivera aux solutions dont on a tant besoin.  

Quand Anna-Isabelle parle de Jonathan, l’émotion est encore vive. Mais c’est cette même émotion qui la pousse à agir, et qui bâtit l’espoir que les choses peuvent changer. 

En mémoire de Jonathan Laurin. 

 

La Fondation Let’s Bond est un regroupement de jeunes professionnels engagés qui œuvre à briser les tabous entourant la santé mentale. Depuis 2011, la fondation sensibilise la communauté d’affaires montréalaise et organise des événements rassembleurs afin d’amasser des fonds pour des organismes partenaires en prévention, en recherche et en réhabilitation. À ce jour, Let’s Bond a amassé 1.5 M$ au profit de la Fondation Douglas. 

La bourse Espoir Jonathan Laurin soutiendra la recherche sur les troubles bipolaires au Douglas chaque année.